Secteur Agricole

Budget

Allocation budgétaire passant de 2 à 20% « Avec les campagnes agricoles, le Président Alpha Condé a fait passer la part budgétaire allouée à l’agriculture de 2 à 20%, car l’agriculture est une priorité du gouvernement.
Pour la campagne 2012, l’importation d’intrants a été couplée avec celle de machines agricoles : 175 tracteurs, une cinquantaine de moissonneuses batteuses, des batteuses de riz, des motos faucheuses et des motoculteurs. Tous ces équipements ont été vendus aux paysans de Guinée à des prix subventionnés. Parallèlement, des contrats ont été signés avec des pays amis pour des aménagements indispensables à la maitrise de l’eau. Ce programme est la concrétisation de la volonté présidentielle d’exploiter le potentiel agricole du pays. 250 Milliards FG ont été alloués aux agriculteurs et agricultrices dans leurs villages, pour faciliter l’achat de semences de bonne qualité, d’engrais, d’herbicides, d’insecticides, pour revigorer le dispositif de recherche et de vulgarisation agricole, et pour désenclaver les zones de production ».

Pour la campagne 2012, l’importation des intrants (28 000 tonnes) a été couplée avec celle des machines agricoles : 175 tracteurs, une cinquantaine de moissonneuses batteuses, des batteuses de riz, des motos faucheuses et des motoculteurs. Tous ces équipements sont vendus à des prix subventionnés. Parallèlement, des contrats sont signés avec des pays amis pour des aménagements des plaines rizicoles indispensables à la maitrise de l’eau. Ce programme est la concrétisation de la ferme volonté présidentielle d’exploiter le grand potentiel agricole du pays que le chef de l’Etat qualifie à juste titre de « scandale agricole » ; ceci dans le but de « Produire ce que nous consommons et de consommer ce que nous produisons ».

Contexte du secteur agricoles

La Guinée est un pays qui regorge de ressources naturelles lui conférant un potentiel de croissance suffisant pour émerger de la pauvreté. Ces ressources naturelles constituent un élément déterminant dans la mise en valeur des importantes opportunités de compétitivité du secteur agricole. Leur préservation exige, de la part des investisseurs, d’orienter l’agriculture sur des sentiers plus durables et moins prédateurs de ces ressources. Parmi ces ressources, on dénombre 6,2 millions de terres arables dont seuls 1,6 millions d’hectares sont actuellement exploités grâce en grande partie, aux investissements importants consentis par l’Etat dans l’aménagement des infrastructures rurales.
En outre, la Guinée dispose d’un réseau de pistes rurales d’environ 13 000 kilomètres entrecoupé par 1 300 cours d’eau avec des précipitations d’environ 1 500 – 4 000 mm d’eau.

Dans leur nouvelle vision de développement agricole, les autorités guinéennes tiennent à faire gagner à l’agriculture familiale et à l’entreprenariat agricole beaucoup plus de parts de marché intérieures et extérieures. A travers cette vision nationale qui intègre la Stratégie de Réduction de la Pauvreté, le Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture Africaine (PDDAA) du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et le Plan National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire (PNIASA), la Guinée est résolument tournée vers l’avenir pour assurer la sécurité alimentaire et pour relever substantiellement les revenus des populations tant au niveau national que dans le cadre de l’intégration régionale.
A cet effet, il est prévu de mettre en valeur une grande partie du potentiel en terres irrigables estimé à 364 000 hectares dont moins de 8% sont actuellement mis en valeur.
Ainsi, face aux mutations du commerce mondial qui s’inscrivent dans les dynamiques de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et des Accords de Partenariat Economique avec l’Union Européenne (APE-UE), l’économie guinéenne s’insèrera dans ces processus tout en préservant les valeurs d’équité et de solidarité.

Les cultures d’exportation peuvent constituer une ressource essentielle pour l’économie guinéenne. Cependant, leurs exportations restent encore fortement dépendantes des matières premières traditionnelles peu ou pas transformées. De plus, les cascades tarifaires (taxation croissante à l’entrée sur le marché européen en fonction du degré de transformation) et les régimes commerciaux préférentiels ont encouragé les exportations de matières premières non transformées, laissant échapper ainsi les possibilités d’accroître la valeur ajoutée et l’emploi. En dehors de certaines filières d’exportation relativement bien structurées, la plupart des productions agricoles et alimentaires de la Guinée n’arrivent pas à satisfaire les marchés nationaux, régionaux ou internationaux du fait, entre autres, des faiblesses en matière de structuration des filières ainsi que de l’organisation des acteurs aux différents stades de production, transformation, stockage et mise en marché. Le faible niveau des exportations agricoles de la Guinée (environ 1 000 tonnes de mangues sur plus de 30 000 tonnes de potentiel d’exportation, 500 tonnes d’ananas sur plus de 5 000 tonnes, 20 000 tonnes de café sur plus de 50 000 tonnes, 10 000 tonnes d’anacarde, etc.) en constitue une illustration.

Exportations agricoles

La commercialisation soulève quatre (4) problèmes :

  1. l’isolement du producteur par rapport au marché ;
  2. l’insuffisance des infrastructures ;
  3. les obstacles tarifaires, administratifs, logistiques, sanitaires ; et
  4. le manque d’opérateurs professionnels. Un tel environnement ne favorise pas les initiatives privées alors qu’il existe des opportunités nombreuses et diversifiées d’exportation (certaines variétés d’ananas, banane douce, légumes, fleurs et plantes ornementales) qui ne peuvent être exploitées que par le développement du professionnalisme.

C’est pour cette raison que la Politique Nationale de Développement Agricole (PNDA)-vision 2015 a inscrit en bonne place la relance des exportations agricoles. Cette politique est en harmonie avec les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), le Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine (PDDAA), adopté en 2003 à Maputo et la politique agricole de l’Afrique de l’Ouest (ECOWAP). Le marché sous régional représente en effet, un potentiel de plus de 220 millions de consommateurs de fruits et légumes, de produits halieutiques, de produits animaux et forestiers non ligneux. Il offre à la Guinée un environnement favorable, caractérisé par des mécanismes régionaux notamment, le Tarif Extérieur Commun (TEC) de la CEDEAO. La République de Guinée est par ailleurs bénéficiaire de plusieurs schémas de préférences commerciales notamment, le Système Généralisé de Préférence Commercial (SGP) dans le cadre des échanges commerciaux avec l’ensemble des pays développés, le régime « Tout sauf les armes » de l’Union Européenne (le Système Généralisé de Préférence Commercial – SGPC des pays membres de l’OCDE – hors UE), la loi des Etats-Unis d’Amérique sur la croissance et les opportunités en Afrique (African Growth and Opportunity Act – AGOA), et les avantages tarifaires accordés par le Maroc. De certaines de ces préférences, la Guinée n’a tiré que peu de profit (en particulier l’AGOA) en raison de la complexité des règles d’origine, des normes sanitaires et phytosanitaires et autres obstacles techniques au commerce (OTC) ainsi que la faiblesse de la production nationale.

Cette opportunité d’investissement s’inscrit dans le cadre du troisième programme du Plan National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire (PNIASA) portant sur la Promotion des exportations agricoles et de l’agrobusiness, qui se décline en trois (3) sous-programmes que sont :

  • Amélioration du climat des affaires pour la promotion des exportations agricoles et le développement de l’agro-business ;
  • Amélioration des performances des filières agro-industrielles et d’exportation (agriculture, pêche, élevage, produits ligneux et non ligneux) ;
  • Développement des infrastructures de transformation, de conservation, de commercialisation et d’accès au marché.
    Les projets qui seront réalisés dans le cadre de ce programme permettront l’amélioration de la compétitivité des filières agricoles d’exportation sur les marchés sous régionaux et internationaux en vue de contribuer à l’équilibre de la balance commerciale de la Guinée et d’augmenter les revenus des acteurs. Les principaux produits agricoles ciblés sont : le café, le palmier à huile, l’hévéa, l’ananas, la mangue et l’anacarde.

Politique de relance agricole

Dès son élection à la Présidence de la République, le Professeur Alpha CONDÉ a inscrit la dynamisation du secteur agricole dans les priorités premières de son mandat en déclarant : « assurer et garantir la sécurité et la souveraineté alimentaires à tous les guinéens constituent des défis majeurs qui nous amènent à faire du secteur agricole l’une des priorités de notre quinquennat ». Il a également tenu à exprimer que « la volonté du gouvernement se traduira par une capacité de mobilisation et de gestion rationnelle des ressources ».

La volonté politique de la Guinée est de booster toutes les productions vivrières (céréales, tubercules, légumineuses) pour faire reculer la pauvreté en milieu rural, réduire la dépendance aux importations de riz, et générer de la richesse en accroissant les exportations vers les marchés étrangers.

Pour ce faire, dans le cadre du Programme National d’Investissement Agricole (PNIA), la planification de 3 campagnes agricoles s’étendant sur 3 ans a été élaborée en 2011. Le coût de chaque campagne a été estimé à 10 millions USD, soit 30 millions USD pour la période 2011-2013.

Les bénéficiaires des campagnes sont les organisations paysannes.

Les actions mises en œuvre lors de ces campagnes sont :

Mise en valeur de grands domaines agricoles en partenariat avec les populations locales ;

  • Achat et mise à disposition sur site d’engrais ;
  • Achat et mise à disposition sur site de semences ;
  • Achat et mise à disposition sur site d’insecticides ;
  • Acquisition et mise à disposition de matériel agricole mécanisé (tracteurs, moissonneuses, décortiqueuses, étuveuses…) ;
  • Achat de sacs d’emballage ;
  • Mise en place de circuits de commercialisation ;
  • Achat par le gouvernement du surplus des récoltes pour constituer un stock de régulation.

La première campagne a ainsi débuté en mai 2011 et reconduite en 2012. Elles ont connu une grande mobilisation des populations rurales ; une supervision des étapes de mise en œuvre dans chaque préfecture a été assurée par un membre du gouvernement.

Le financement a été essentiellement supporté par le budget national ; des appuis de pays amis en matériel et machines agricoles ont également été enregistrés.

Tirant l’expérience de ces campagnes, le gouvernement guinéen est à la recherche de financements et appuis pour renforcer et pérenniser l’action entreprise par :

  • L’acquisition de semences et intrants agricoles ;
  • L’achat de matériels agricoles mécanisés et la mise en place de centres de machinisme ;
  • La réalisation d’ouvrages de génie rural (digues de retenue, pistes et ponts de désenclavement) ;
  • Le renforcement des capacités de stockage et de conditionnement (hangars, sacs d’emballage et unités d’ensachage).

Au vu du potentiel en terres arables et du climat favorable, le secteur agricole guinéen pourra au terme de ce programme triennal connaître un démarrage solide, contribuer valablement au relèvement du niveau de vie des populations rurales, et participer de manière plus que significative au PNB encore trop dépendant de l’activité minière.